Qui sommes-nous ?

Acte 0

4 ans
Costumé en marin hollandais…

 

 

 

 

 

Acte I

6 ans
La mère : « Stat (c’est ainsi qu’elle me surnommait), que feras-tu quand tu seras grand ?
Le fils : « Capitaine de bateau, maman »

 

 

 

 

Acte II

7 ans
L’âge de raison diront certains ; non, l’âge de la découverte de la liberté et des grands espaces.
Embarqué sur un dériveur méditerranéen, le Ponant, je pris conscience, en voyant ces milliers de vacanciers nonchalamment vautrés sur la plage, qu’il m’était permis de vivre un moment exceptionnel sur cette mer ourlée de vaguelettes et scintillante sous les feux de l’astre.
Depuis, ma vie en général s’articula autour de cette sensation.

Acte III

7 /15 ans
Des vacances d’ici de là (à l’époque nous avions 3 mois de congés l’été), profitant toujours du bord de mer pour m’initier au « Grand Art » de la voile, sur dériveurs en école de voile.

Acte IV

16 ans
Enfin l’âge requis pour m’inscrire dans une école de voile, une « vrai », une prête à « forger » mon âme de marin en herbe : l’école de voile du Château du Taureau, en baie de Morlaix, en Bretagne nord. Situé sur un rocher, le Château du Taureau est une ancienne forteresse construite par Vauban.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Premier stage : Pâques. De quoi vous initier à la rudesse des éléments, d’une hiérarchie militaire (le » commandant » avait servi sur un sous-marin en tant que tel) et le « second » était un ancien plongeur de combat.
J’y fus stagiaire, aide-moniteur, moniteur, patron de vedette pour finir comme moniteur de croisière. Enfin l’aventure!
Dans mes moments de liberté, sur de vieux côtres de Carantec ou sur la Rose, ancienne yawl du Havre, je sillonnais
Manche, Mer du Nord, Irlande, et Atlantique.

 

Acte V

18 ans
Après une scolarité normale j’entamais des études d’ingénieur en électro-mécanique suivies de 2 années en hydrodynamique navale avancée à l’ENSM de Nantes, toujours entrecoupées de régates et course-croisières sur les bateaux des parents de mes copains.

Acte VI

21 ans
Service Militaire en tant que « scientifique du contingent » au Service de Recherche de la Marine Nationale, à Paris.
Et puis une épouse, un premier enfant et plus tard un deuxième puis un troisième.
Parallèlement, je m’inscrivis aux Beaux-Arts pour y suivre un cursus en architecture navale.

Acte VII

24 ans
Enfin prêt, j’aspirais à intégrer un gros chantier naval. Et là, boum, nous sommes en 1974, les effets du premier choc pétrolier commencent à se faire sentir et plus d’embauche.
Mes charges familiales, en choisissant d’intégrer un autre secteur d’activité, m’éloignent de mes aspirations professionnelles, sans pour autant renoncer à mon projet de sauver un bateau de la destruction..
Courant 76, j’acquiers un Mousquetaire (plan Herbulot) qui fut intégralement restauré et avec lequel nous naviguâmes avec mon épouse en Manche, sur la Seine et l’Oise.

Acte VIII

38 ans
Des formations complémentaires en comptabilité au CNAM, puis en gestion d’entreprise à HEC m’ont permis de créer ma première entreprise.
Puis une seconde et une troisième, mais, malheureusement jamais dans le domaine nautique.
Le démon de la course à la voile m’invite à reprendre la « barre ».

Je participe à plusieurs courses mythique :
• Cowes-Dinard
• Skipper sur « Bermudes », ancien bateau « lab » de l’América’s Cup pendant 3 saisons
• Spi Ouest France
• Tour du Finistère
• Et d’autres corporatives

Un 420 Lanaverre, portant le N° 19, me fait un clin-d’œil.
Allez, mon beau, je vais te refaire une beauté ?
La restauration devait être bien belle pour attirer des voleurs. J’ai versé une larme.

Acte IX

46 ans
Un choc personnel m’oblige à reprendre le cours de mon histoire.
J’avais toujours rêvé de vivre à bord d’un bateau, et je découvre, après deux ans de recherche et par le plus grand des hasards un magnifique « gentleman-yacht » anglais de 1924 de 62’ (20 mètres), dans un état lamentable.

Et je tombe immédiatement amoureux de ses lignes, de sa candeur et j’eu l’impression que la* Kitikaé me chuchotait de lui redonner le plaisir de fendre l’onde à nouveau, et peut-être de revoir son pays de naissance, l’Angleterre.
* : en Angleterre, lieu de sa mise à l’eau, tous les bateaux sont féminins.
Pour la petite histoire, Frank, le vendeur du bateau, m’a confié, qu’après deux années de mise en vente, je lui étais apparu enfin comme le premier acquéreur capable de reprendre cette unité et lui redonner ses lettres de noblesse.
En 2000, nous entamons nos premières recherches sur l’origine de la Kitikaé, pour la remettre dans son « jus ».
Londres, Galway, furent nos premières destinations pour retrouver des plans, des articles de presse, pouvant nous aider à retracer son histoire.
La chance nous a souri. A partir de nos trouvailles et avec l’aide de Gérald, un ami passionné de marine en bois du début du XXè siècle, nous redessinâmes les plans de notre « old lady ».

Pendant huit années je fus mécanicien, charpentier, électricien, peintre, mais aussi « chineur » pour retrouver en Angleterre, Hollande, et Allemagne, des pièces d’origine, des éléments de décoration et surtout s’imprégner de l’esprit des « années folles ».
Bien que la restauration ne soit pas encore terminée, nous l’avons inaugurée en 2005, entourés de notre famille…… en costume d’époque.

Je décide à ce moment de me consacrer pleinement à la Kitikaé et cède mes entreprises.
D’autant qu’en ayant navigué par le passé sur les fleuves, je supputais qu’il serait possible de l’exploiter pour faire des croisières privatives « haut de gamme » dans Paris et en Ile de France.

De fait, depuis 2008 la Kitikaé navigue fièrement dans la ville « lumière » pour le plus grand ravissement des passagers.
Cette restauration est ma fierté et l’aboutissement d’un rêve d’enfant.
Aujourd’hui, je pilote ce « motor-yacht » avec beaucoup de délicatesse et je transmets à mes enfants l’art du pilotage pour qu’un jour, peut-être, ils ressentent comme moi le plaisir de sentir le fleuve de la liberté couler dans mes veines.

Toujours associé au monde « de l’eau » je travaille actuellement sur le projet ambitieux de village lacustre réalisé dans un cadre HQE (haute Qualité Environnementale).